HELLO

Alexandre JEANPETIT

DIGITAL NATIVE

Facebook, le nouveau bistrot du coin ?



Titre un brin provocateur pour un post bien réel. Cette question, je me la suis posé dernièrement suite à plusieurs événements : Le tweet d’une amie CM : « Mais où râlaient les gens avant le web sans blague ? Le communautaire est au service des trolls certains jours, je vous assure #CM » by @vie_de_louloute, l’observation des remarques des « consommateurs » de malabar et l’observation des commentaires de la page « Effet axe » (prise au hasard) sur Facebook.

Je ne retiens qu’une chose, la grande conversation prônée par les experts 2.0 est un mythe.  Du moins… sur Facebook.(ouch…)

Une chose est certaine, tous les community manager connaissent les trolls. On tente de les combattre, de les comprendre, d’avoir un discours très policé pour ne pas les froisser, on lit les conseils de @kriisiis ou encore on a lu le bouquin « Le Community Management » mais rien n’y fait, ces trolls sont toujours là.Cependant, est-ce que les trolls ne sont-ils pas tous les membres qui « engagent le conversation » avec une marque ?

En observant la page axe et celle de Malabar, j’ai cherché à comprendre ou se situait l’engagement tant revendiqué par le monde du web… Et je ne l’ai pas trouvé… Dans le cas de Malabar, à part des insultes aucune construction. Sur Axe, des commentaires mais que du vent. Avoir autant de commentaire sur Facebook n’apporte rien, la conversation est indigeste, il est impossible pour la marque d’y répondre… et puis, pour dire quoi ? En poussant les marques à parler d’autre chose, à proposer un contenu différent de la publicité « push » qu’on retrouve à la télévision, par exemple, on se retrouve face à une conversation qui n’apporte rien à ces deux marques.

Est-ce à cause des marques qui offrent un contenu si pauvre et sans réelle construction sur Facebook que les fans n’ont rien d’autre à dire ? Est-ce tout simplement parce qu’on a cru que les internautes deviendraient tous du jour au lendemain des gens si intéressés par les discours de marque qu’ils en viendraient à se « connecter avec les marques » ? Ou est-ce qu’à force de recruter par des jeux concours, elles ont fini par attirer dans leurs filets que des flooders et autres trollers en chef  qui nuisent à la conversation ?

Je suis un partisan de l’engagement lorsqu’on parle de réseaux sociaux, je suis conscient que la loi 1/9/90 s’appliquent dans la construction d’une communauté (si les théories du marketing le disent, c’est que ça doit être vrai…) mais n’en avons pas trop fait, trop dit ?

J’ai l’impression qu’aujourd’hui les internautes ont trouvé un terrain de jeu sur Facebook, un défouloir à leur pause de midi pour exprimer tout et surtout n’importe quoi sur le web et plus encore sur Facebook. Lorsqu’on observe la réalité de Facebook, ne nous voilons pas la face, nous sommes tous devenu accro de cet espace pour se montrer devant nos amis et pour observer nos copines (et surtout nos copains, les filles sont plus espiègles ;)). On aime montrer ses dernières photos de vacances, on aime dire qu’on vient d’être promu à un nouveau poste, on tente d’attirer l’attention de ses « amis »… Comblement d’un manque ? Nature humaine ? Il faudrait demander aux psys et autres sociologues. Je crois que Facebook n’apportera jamais rien à la conversation recherchée par les marques sur cet espace car les membres de Facebook ne sont pas là pour cela. Ils sont là pour jouer à Cityville ou pour leurs amis. Pas pour une marque.

Est-ce qu’aujourd’hui, entrer dans la conversation avec ces clients signifie faire semblant de proposer du contenu pour qu’ils réagissent même si ce qu’ils disent n’est pas intéressant ? Est-ce que faire croire qu’on s’intéresse à eux suffit ? Je ne crois pas. La conversation passera plutôt par un forum dans lequel des consommateurs vous remonteront des informations importantes, des améliorations à apporter à vos produits ou service. Un blog constituera un moyen d’évoquer vos produits, vos améliorations, de communiquer d’une autre manière et de créer du trafic sur Internet. Twitter (encore faut-il qu’il y est du monde qui tweet, ce qui n’est pas encore le cas en France) est intéressant dans cette conversation.

Toutes les marques vont sur Facebook. On pense 2.0, réseaux sociaux, Internet, on pense Facebook. Facebook n’est pas la solution si vous souhaitez engager la conversation. Rassurez-vous, si vous n’y êtes pas, vous n’en mourrez pas, comme j’ai pu l’entendre dans une grande agence il y a peu.

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