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Alexandre JEANPETIT

DIGITAL NATIVE

[Exclu] Interview d’Alban Peltier, CEO d’AntVoice Group sur l’introduction en bourse de Facebook



C’est certainement le fait majeur de l’année 2012 dans le monde du web. Attendu depuis plusieurs mois, Facebook va entrer en bourse ce Vendredi et c’est un véritable séisme ! La société de Mark Zuckerberg prévoit que, lors de l’introduction, le titre sera valorisé à un prix compris entre 34 et 38 dollars. Cela permettrait à Facebook de lever entre 13.19 milliards et 14.745 milliards de dollars, du jamais vu depuis l’introduction en bourse de Google en 2004 (1.7 milliard de dollars lors de son introduction en 2004). Au total, les estimations tablent sur une capitalisation boursière comprise entre 92 milliards et 103 milliards de dollars. Bref, vous l’aurez compris, une opération de cette envergure risque de modifier le monde du web et l’économie en générale. Cependant, de nombreuses questions subsistent : n’est-ce pas trop gros alors que ce n’est que du virtuel ? Facebook qui cherche encore comment monétiser 900 millions d’inscrits ? Doit-on craindre une bulle spéculative dans la net-économie ?

Chez AntVoice Group, on se réjouit d’avance de cette introduction qui va nous permettre de monter encore plus en puissance, à la fois sur nos jeux mais aussi dans nos réalisations pour les marques. Cette levée va sans aucun doute profiter à tout l’écosystème Facebook dont nous faisons partie. Afin d’approfondir ces questions et de mieux analyser cette introduction en bourse, voici une petite interview du CEO d’AntVoice Group, Alban Peltier.

Une telle valorisation est-elle justifiée ?

Alban Peltier : La bourse ne valorise jamais une société à sa situation actuelle. C’est le cas avec Facebook : cette introduction valorise Facebook plus de 25 fois son chiffre d’affaires et plus de 60 fois son résultat prévus en 2012 ! Ce que les investisseurs voient en Facebook c’est avant tout le potentiel de croissance. Et ils ont raison ! Facebook possède encore un potentiel incroyable en terme de revenus eu égard à l’audience de son site (plus de 900 M d’utilisateurs mensuels dans le monde entier). Mais c’est surtout l’Open Graph qui est valorisé car cette plateforme ouvre des perspectives insoupçonnées au niveau des usages des internautes et de la relation qu’ils ont avec les marques. Nous sommes clairement à un point de rupture de l’internet.

Devons-nous parler d’une nouvelle bulle ?

AP : Les dernières introductions liées à l’internet valorisent effectivement plutôt très bien les entreprises qui ont fait ce choix. Certaines sont survalorisées, clairement. Pour autant Facebook présente un potentiel inégalable et incomparable, qui peut dépasser un acteur comme Google. Rappelons-nous que lors de l’introduction en bourse de Google en 2004, avec une valorisation de plus de 20 Md$, on parlait déjà de bulle. Pourtant le cours est passé de 100$ en 2004 à 600$ hier … Imaginez le web que façonne Facebook : dans quelques mois, quelques années, un internaute démarrera son expérience web directement sur Facebook et pourra retrouver l’actualité de ses amis bien entendu, mais également une sélection d’articles, de morceaux musicaux, de vidéos, de jeux, de bons plans, etc. qui lui correspond par rapport à ses centres d’intérêts et ses actions effectuées sur la plupart des sites web qui auront alors « socialisé » leur service en intégrant l’Open Graph. Facebook sera partout, sur tous les sites, sur tous les écrans (mobile, tablette, TV, etc.). Le web sera donc complétement interdépendant de Facebook, canal de distribution ultime pour les marques, les medias et les e-commerçants.

Quelle est la place de l’écosystème dans la forte croissance de Facebook ?

AP : Facebook est certainement le seul des géants de l’internet à avoir aussi bien compris l’importance de l’écosystème. Facebook est un canal de distribution immense permettant de construire une audience de plusieurs millions d’utilisateurs en quelques semaines. Ce qui était encore complètement inimaginable jusqu’alors. Les opportunités sont donc fortes pour des entreprises maîtrisant les subtilités de Facebook et de l’Open Graph. Surtout que Facebook met à disposition tout ce qu’il faut pour y arriver : information, rencontres physiques avec les développeurs, etc. En France, une étude récente a essayé de matérialiser l’importance de l’écosystème Facebook et estime qu’il pourrait générer 500 M€ en 2012 ! Ce sont des dizaines d’entreprises (agences, régies, développeurs d’applications, etc.) et des milliers d’emplois !

On parle de dynamique de Facebook. Mais qu’en est-il de cet écosystème et d’AntVoice Group ?

AP : De nombreux acteurs de l’écosystème Facebook connaissent une très forte croissance. Aux Etats-Unis il y a bien entendu Zynga qui s’est introduit également en bourse il y a quelques mois. La France est un marché très dynamique et compte certains des meilleurs développeurs européens comme IsCool, Kobojo et bien sûr AntVoice. Par exemple, AntVoice Group, jeune pousse créée en janvier 2011, possède en moins de 18 mois une équipe de 30 personnes à Paris et à Pékin et plus de 4 M de fans dans le monde ! C’est 6 fois plus que des marques comme Air France ou Hermès ! En plus de ce métier d’éditeur d’applications, nous accompagnons via notre pôle AntVoice Social Factory les marques et les medias dans leurs initiatives sociales, avec une approche transversale. Nous venons par exemple de lancer le social reader du Figaro sur Facebook.

Quel pourrait être l’impact de cette entrée en bourse sur l’écosystème Facebook ? Cela peut-il générer l’intérêt d’autres investisseurs pour les sociétés en relation avec Facebook ?

AP : Incontestablement. L’introduction de Facebook en bourse devrait servir de catalyseur pour activer encore plus l’écosystème Facebook, notamment en France. Il faut s’attendre à un mouvement des investisseurs vers les jeunes pousses que nous sommes et un mouvement de consolidation. La barrière à l’entrée est forte et intégrer des entreprises avec une forte expérience et une équipe performante sera certainement la voie la plus efficace pour les medias et les agences qui n’ont pas encore pris le tournant du social.

En quoi cela va impacter AntVoice Group ?

AP : Nous avons déjà effectué une première levée de fonds en amorçage au printemps 2011 de 750 000€, auprès de fonds comme Alven Capital ou Nestadio Capital et d’investisseurs privés. Afin d’accélérer davantage le développement de notre pôle édition d’applications et de notre pôle Conseil & Solutions, nous devrions faire une nouvelle augmentation de capital d’ici la fin de l’année. L’introduction de Facebook devrait accélérer les discussions avec d’éventuels investisseurs !

Comments

  1. En faite, l’action de Facebook a de grandes chances de tomber lors des mois prochains. Mais le jour ou ils seront monétiser vraiment leur site, la ça va monter en flèche. Je crois que chacun de leur membre leur rapport 1$ en moyenne par an. Donc Facebook est loin d’exploiter tout son potentiel.

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