L’INSEEC Bordeaux est en flammes…. Etudiants révoltés, commentaires exacerbés, incompréhension généralisée, le bad buzz sur Internet est passé par là. Plusieurs semaines sans écrire sur mon blog pour cause d’activités professionnelles et personnelles hautement intensives mais je reprends mon « arme » à moi pour tenter d’analyser le bad buzz qui vient de sévir sur mon (ancienne) école.
Il y a quelques heures, une de mes amies poste sur mon mur Facebook l’article qui fache : « Bordeaux: un week-end d’intégration dérape » sur le site de l’Express.Fr écrit par la journaliste Caroline Politi. L’Express, un site qui surfe sur son actualité #DSK et qui génère quelques millions de pages vues (4.5 millions de visiteurs uniques en Juillet 2011, source Médiamétrie) a tout réuni pour créer le bon article vendeur sur le web : un très bon titre qui laisse présager le pire, une photo racoleuse, 3 éléments clés : un animal mal-traité, Anonymous qui menace et un mot qui effraie : le Bizutage. On pourrait s »imaginer dans une bonne série B Allemande mais non, c’est la triste réalité du paysage journalistique que nous propose L’Express.fr aujourd’hui.
Les éléments clés du buzz : un animal mal-traité et Anonymous. Dans le cas de l’animal, rien de tel pour réveiller les consciences « Bardotesque » des lecteurs de L’Express qui à coup sur, vont réagir au quart de tour. Nous sommes tous conscient que la cruauté envers les animaux est innommable. Oui, à l’Inseec nous avons un minimum de conscience. Merci de vous en inquiéter. Le mal est fait, L’Express a réveillé les consciences : cassiopee289 - 20/09/2011 18:46:17 : « Le chat est un vrai chat, en tout cas celui de la capture d’ecran tweetter l’est. il a les poils completement hérissés, mais c’est un vrai chat. c’est pathétique. et l’attitude du directeur encore plus. » Aucun démenti officiel n’est apporté par la journaliste ou la rédaction. Deuxième point : Anonymous. Au départ, j’ai cru à une blague. Là, il est évident qu’on touche le fond de la bêtise journalistique. Pour connaitre un minimum les actions d’Anonymous : 1. Ils ne se sont jamais préoccupé de causes animales, eux c’est plutôt la crise financière, la liberté d’expression sur le web… bref, des choses bien plus… consistantes. 2. Ils l’évoquent sur leur compte Twitter Officiel ou leur forum et non par la voix d’un triste troll français. Heureusement, suite à l’intervention de @anon_FR (porte parole français d’Anonymous), L’Express a rectifié son article concernant ce passage et aucun geek ne s’est emparé du buzz. Dernier point : le bizutage. Début d’année oblige, le mot revient en tête des requêtes Google (et pas seulement sur Google Trends) et par conséquent, on se dit qu’un article sur le sujet est forcement SEO-Friendly et créateur de trafic. Et puis, on le sait tous, ça fait peur à la ménagère de 40 ans, mère de 2 enfants qui vient lire son article quotidien sur L’Express. Ah et ça tombe bien, demain il y a un Tchat sur le sujet avec Monsieur Emmanuel Davidenkoff, directeur de la rédaction de l’Etudiant. La boucle est bouclée, il manquait des inscrits sur le Tchat, désormais on fait le plein.
Nous sommes 12heures après la publication de l’article: 87 Tweets générés, 1000 partages sur Facebook et 71 commentaires. Uniquement sur L’Express.fr. Sentant le buzz créateur de trafic, Sud Ouest et Europe 1 ont cru bon reprendre cet article sur leurs sites et générer quelques résidus de propagation sur les réseaux sociaux. Après analyse sur TheArchivist, quelques 200 Tweets ont été généré sur le mot clé : Inseec. Dans l’ensemble, c’est négatif tout comme les commentaires sur la fan page de l’Express. Un bad-Buzz à l’échelle de l’Inseec est né.
Quelles sont les conséquences ?
Bien évidement, une très mauvaise image pour l’école à court terme. En effet les parents qui ont vu cet article auront en tête l’image, certes faussée, d’une mauvaise école. Ensuite, un problème d’e-réputation car si on tape « Inseec Bordeaux » sur Google, on risque de tomber sur ces articles qui sont en général très bien référencés. Enfin, une image faussée auprès des entreprises proches de L’Express et des internautes. J’ai relevé quelques Tweets provenant de plusieurs Twitter important en France qui laissent supposer une visibilité maximum. Par ailleurs si on dit qu’en moyenne nous avons 200 amis sur Facebook en France, l’exposition sur Facebook est au maximum de plus de 200 000 personnes.
Quelles sont les réactions ?
Dans l’article, le directeur de l’Ecole semble avoir été interviewé et dément les accusations portées. Il assure clairement que le « chat » qui semble avoir été mal traité est en réalité une peluche. Vous noterez la subtilité et la médiocrité de la journaliste qui indique en légende : « Le chat (ou la peluche?) avec le pétard dans les fesses », histoire de laisser un peu de suspense dans son article qui prend l’eau. Puisqu’on vous dit que c’est une peluche, pourquoi s’acharner à prouver le contraire ? De plus, les 2 membres de l’INSEEC (Le responsable de la Vie étudiante et la responsable du BDE 2011) sont intervenus directement sur le site ou avait été publié le post du fake Anonymous(ici et ici). Je ne pense pas que ce soit la meilleure solution « officielle » car le site est peu connu et surtout mal référencé. Il semble évident que l’Inseec prépare une grande contre attaque et un droit de réponse auprès d’une audience plus importante. Par ailleurs, la communauté Inseecoise, très présente sur les réseaux sociaux a tenté de réagir sur Facebook, Twitter et en commentaire de l’Express et de Sud-Ouest. Malheureusement, ils se sont heurtés aux célèbres trolls présents en masse sur les sites d’actualités. Pour m’amuser, j’ai regardé les commentaires des trolls sur les autres articles du site. Je viens de conclure que Troller, c’est plus qu’un métier, c’est une philosophie. Je me suis toujours demandé si c’était bien français, cette façon de tout critiquer, tout remettre en cause, insulter en règles sur Internet mais l’actualité récente m’a démontré le contraire (Naît-on troll ou le devient-on ?). Retenez une chose : Un jour les Trolls domineront le monde. Quoi que vous diriez, vous serez contre-dit. Si un troll pense que la Terre est plate, aucune démonstration ne le fera changer d’avis. Un troll est là pour pourrir les commentaires ou envenimer le débat et rien d’autre.
Ce que je retiens de cette histoire du côté marketing, c’est que lorsqu’un bad buzz est initié par un organe officiel et publique, les trolls prennent le pouvoir et on ne peut rien faire contre. La meilleure solution reste de laisser courir, un bad buzz meurt aussi vite qu’il est né (sauf pour le référencement ou un petit nettoyage sera nécessaire, même si dans ce cas, seuls 3 articles sont publiés). La meilleure réponse à apporter viendra uniquement de la direction de l’Inseec qui devra se montrer claire et précise suite à son « enquête interne ». Un bad Buzz est difficile à contrer (la preuve Malabar en souffre encore…), seul une réponse unique et officielle provenant de la Direction atténuera ce bad buzz. Pour le reste vous avez compris, laissons couler.
D’un point vue personnel : Je trouve dommage d’attaquer le weekend d’intégration d’une école de commerce comme l’Inseec car nous sommes tous passés par là et il constitue pour nous le meilleur souvenir de notre vie Inseecoise. Je ne trouverais pas un Inseecois qui viendra se plaindre de son weekend. Je n’ai jamais vu un première année rentrer sans un sourire aux lèvres. Nous avons tous construit notre amitié et ce qui fait la force de notre réseau lors de ce weekend. On ne nous a jamais obligé à boire de l’alcool ou à nous mettre dans des états dégradants. Si certains le font, c’est uniquement de leur fait personnel. Nous sommes tous conscients des défauts de notre école mais nous savons aussi qu’ils existent ailleurs, voir en pire. Notre école nous donne des outils pour réussir, libre à nous de nous en servir pour réussir dans la vie. Si certains ont cru bon bruler une croix, je ne suis pas sûr que le fonds de ce geste soit mauvais, juste puérile. Pardonnez-les leur, ils ne savent pas dit la bible. De plus, Je trouve dommage d’attaquer les écoles de commerce, j’ai du à ce titre, personnellement recadrer une chargée de RH qui a cru bon publier sur Twitter que nous étions tous des gosses de riches sans cerveaux car nous sortions d’une ESC. Non, nous ne sommes pas tous comme ça. Nous cherchons juste à éviter un ami que connaissent 2 millions de français : Monsieur Paul Emploi. Enfin et pour conclure cet article, je trouve dommage qu’un site comme l’Express puisse cautionner des articles de journalistes comme Caroline Politi au titre que le trafic et donc les pages vues et donc l’attirance des prochains annonceurs publicitaires sont plus importants que de détruire la réputation de notre école. En tant que responsable du trafic de site Internet, je cherche également à attirer plus de trafic mais j’ai une morale lorsque je le fais, ce qui n’est évidement pas leur cas. A bon entendeur…